Philodendron : guide complet d’achat et d’entretien
Philodendron : une plante tropicale facile qui tolère la lumière indirecte. Choisissez entre grimpante et buissonnante, puis entretenez-la.
Le philodendron est une liane ou un buisson tropical d’Amérique du Sud qui pousse vite et s’adapte aux intérieurs. Avant d’en acheter un, il faut mesurer votre espace, vérifier la lumière, et savoir quelle taille il atteindra. Ce guide vous dit ce qu’il faut vérifier chez vous avant d’investir, comment l’installer, et comment l’entretenir jour après jour.
Lumière
Indirecte et douce, sans soleil direct
Arrosage
Quand les premiers centimètres de terre sont secs
Température
19 à 29 °C
Humidité
50 à 60 % d’humidité relative
Rempotage
Au printemps ou en début d’été
Toxicité animaux
Réputé irritant pour les chats et les chiens
Qu’est-ce qu’un philodendron ?
Le philodendron est une plante tropicale native d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale. En nature, c’est une liane qui s’agriffe aux arbres et monte vers la lumière. En intérieur, la plante garde ce caractère : elle pousse vite et peut devenir volumineuse. C’est pour cela qu’on la retrouve souvent dans les maisons et les bureaux : elle est esthétique, elle grossit rapidement, et elle supporte des conditions de vie intérieure assez variées.
Il existe deux formes principales de philodendrons : les grimpantes et les buissonnantes. Les grimpantes se reconnaissent à leurs tiges qui montent naturellement et qui s’agriffent si on leur donne un support (tuteur, treillis, mur). Les buissonnantes restent plus compactes et se développent en largeur plutôt qu’en hauteur. Cette distinction est importante pour choisir celle qui convient à votre intérieur. Une grimpante dans un petit studio, c’est encombrant. Une buissonnante dans un grand salon, c’est dommage de ne pas exploiter la verticalité.
La plante est populaire parce qu’elle ne demande pas des conditions extrêmes. Elle tolère la lumière indirecte (contrairement à beaucoup de tropicales), elle ne meurt pas si vous oubliez un arrosage, et elle se multiplie très facilement par bouturage. Pour un acheteur qui débute, c’est un bon point de départ.
Les principales espèces et variétés
Les variétés qu’on trouve le plus souvent en commerce français sont les suivantes. Chacune a une taille adulte différente, une croissance propre, et des usages variés selon votre espace.
Philodendron Heartleaf (Philodendron hederaceum)
Grimpante de moins de 2 m en intérieur, à croissance rapide. Ses petites feuilles vertes en forme de cœur en font la plus courante pour débuter. On la trouve en grandes surfaces de jardinage et chez les petits pépiniéristes.
Philodendron Brasil
Grimpante à croissance rapide, qui dépasse 1 m quand elle est soutenue. Ses feuilles variegata (vert et jaune crème) la rendent très prisée pour la décoration. On la trouve en pépinières spécialisées et en ligne.
Philodendron Billietiae
Grimpante d’environ 1,5 m, à croissance rapide, aux feuilles allongées et aux nervures très visibles, d’aspect élancé. On la trouve en pépinières spécialisées et chez les collectionneurs.
Philodendron Pink Princess
Buissonnante ou semi-grimpante de taille moyenne, à croissance rapide. Ses feuilles aux reflets roses et rouges demandent plus de lumière que les autres. On la trouve en pépinières spécialisées et en ligne, à un prix plus élevé.
Ces variétés ne représentent que quelques exemples. Le catalogue varie selon les enseignes et les saisons. Avant d’acheter, vérifiez le nom exact sur l’étiquette du pot : la confusion entre deux philodendrons est fréquente même chez les vendeurs.
Comment choisir avant d’acheter
Acheter une plante sans mesurer votre intérieur, c’est prendre le risque de la céder parce qu’elle étouffe ou qu’elle manque de lumière. Les trois mesures ci-dessous vous éviteront ce problème.
Mesure 1 : vérifiez l’espace disponible
Regardez où vous envisagez de mettre la plante. Dégagez un espace suffisant devant elle : vous aurez besoin de place pour la dépoussiérer, tourner le pot, ou intervenir sur les tiges. Mesurez la hauteur sous plafond si vous choisissez une variété grimpante. Une Heartleaf peut tenir sous un plafond standard ; un Billietiae qui fait 1,5 m au-dessus du pot risque de frotter.
Vérifiez aussi la lumière naturelle à cet endroit : fenêtre, orientation, présence de rideau. Le philodendron a besoin de lumière indirecte, pas de direct. Une fenêtre qui reçoit le soleil direct n’est pas appropriée ; une fenêtre nord ou une zone éloignée d’une fenêtre très exposée conviennent. Éloignez le pot des radiateurs, des climatiseurs et des courants d’air : ces éléments dessèchent le feuillage et ralentissent la croissance.
Mesure 2 : calculez la croissance future
Notez les dimensions actuelles du plant dans le commerce : hauteur, largeur en pot. Cherchez la taille adulte de la variété (l’étiquette du pot le dit souvent, ou demandez au vendeur). Calculez l’espace qu’elle occupera une fois adulte. Une grimpante peut facilement dépasser 1,5 à 2 mètres au fil du temps. Prévoyez aussi du volume pour l’étayage (tuteur, treillis ou fixation murale), car ces éléments prennent de la place eux aussi.
Mesure 3 : testez le trajet de livraison ou de transport
Un pot avec le substrat et la plante pèse plusieurs kilos selon la taille. Pouvez-vous le faire passer par la porte d’entrée ? Et l’escalier ou l’ascenseur ? Cette vérification simple vous épargne une frustration le jour de l’arrivée.
Conditions d’installation : température, humidité, lumière
Le philodendron supporte une plage large de conditions, mais il croît beaucoup mieux si vous respectez ses préférences tropicales.
Température. La plage idéale est 19 à 29 °C. C’est précisément la température d’un intérieur chauffé en hiver et climatisé en été. Le philodendron tolère des pointes à 10 °C pendant quelques jours, mais sa croissance ralentit beaucoup en dessous. En dessous de 10 °C, les risques augmentent (pourriture, maladies). Tenez le pot loin des fenêtres glacées en hiver et des sorties d’air chaud en été.
Humidité. La plante idéale vit à 50–60 % d’humidité relative. Un intérieur chauffé en hiver présente souvent une humidité plus faible. Vous remarquerez que les feuilles deviennent un peu pâles ou crispées en hiver. Pour améliorer l’humidité sans travaux, trois gestes simples : bassinez les feuilles avec un brumiseur une à deux fois par semaine (la plante adore), posez un plat d’eau sous le pot (sans que le pot y trempe), ou regroupez plusieurs plantes près d’une fenêtre (elles s’humidifient mutuellement par transpiration).
Lumière. Le philodendron a besoin de lumière indirecte, douce. Une fenêtre sans rideau qui reçoit du soleil direct risquera de brûler les feuilles. Une fenêtre nord, une zone à quelques mètres d’une fenêtre, ou une fenêtre avec rideau semi-transparent conviennent bien. La plante ne tolère pas l’ombre complète, mais elle pousse lentement en lumière faible. Si vous remarquez que les feuilles pâlissent et que les tiges deviennent longues et espacées, c’est un signe : déplacez le pot plus près de la lumière.
L’arrosage régulier
C’est la partie la plus simple et la plus importante. Le philodendron craint la pourriture racinaire bien plus que la sécheresse. La règle unique est : laissez les premiers centimètres du sol sécher entre deux apports d’eau. Passez votre doigt dans la terre. Si c’est sec au toucher, arrosez. Si c’est humide, attendez. Jamais de soucoupe remplie d’eau en permanence : le pot doit être capable de drainer l’eau en quelques minutes.
L’arrosage change selon la saison. En printemps et en été, quand la plante pousse activement, vous arrosez plus régulièrement. En automne et en hiver, quand la croissance ralentit, espacez davantage les arrosages. Utilisez de l’eau à température ambiante, pas froide. L’eau du robinet convient, sauf si votre eau est très calcaire, auquel cas attendez quelques heures qu’elle repose avant de l’utiliser.
Une feuille qui jaunit et tombe, c’est souvent un signe de sur-arrosage. Les feuilles deviennent molles, pendent, la tige noircit à la base. Pour éviter cela, vérifiez le drainage du pot (trou au fond) et espacez les arrosages.
Taille, tuteurage et entretien des feuilles
À mesure que le philodendron grandit, vous allez vouloir le contrôler ou le diriger. Tailler, c’est simple : coupez une tige juste au-dessus d’une feuille, avec un sécateur ou un couteau propre. Cela encourage la plante à se ramifier et à devenir plus dense. Taillez au printemps ou en début d’été, quand la croissance est rapide.
Pour une variété grimpante, installez un tuteur dès le départ ou au moment du rempotage. Un tuteur peut être une baguette de bois, un treillis, ou une perche mousse (les racines aériennes s’y agriffent naturellement). Attachez les tiges au tuteur avec un lien souple (grosse ficelle, attache velcro), sans serrer : serrer blesse la tige.
Dépoussiérez les feuilles régulièrement avec un chiffon humide doux. Cela permet à la plante de respirer et d’absorber mieux la lumière. Profitez-en pour repérer les insectes ou les anomalies sur les feuilles.
Multiplication par bouturage
Si vous voulez une deuxième plante gratuitement, le bouturage est la solution. C’est le moyen le plus économe de multiplier votre collection.
Problèmes courants et solutions
Feuilles jaunes
Elles signalent souvent un sur-arrosage. Vérifiez le drainage et espacez les arrosages.
Feuilles pâles
Elles suggèrent un manque de lumière : approchez le pot d’une fenêtre.
Tiges nues et espacées
Pas assez de lumière non plus : ajoutez un éclairage indirect ou déplacez la plante.
Cochenilles
Elles forment des amas blancs ou bruns sur les tiges et le revers des feuilles.
Araignées rouges
Elles tissent une toile fine et font jaunir les feuilles.
Les cochenilles et les araignées rouges sont les deux ravageurs les plus courants. Isolez la plante, pulvérisez les feuilles avec de l’eau savonneuse (savon noir dilué) et essuyez-les avec un linge. Renouvelez le geste plusieurs fois à quelques jours d’intervalle. Si l’infestation est grave, consultez un expert ou un produit phytosanitaire référencé.
Questions fréquentes
Le philodendron est-il toxique pour les animaux ?
Le philodendron est réputé toxique : il contient des cristaux d’oxalate qui peuvent provoquer une irritation buccale chez les chats ou les chiens s’ils le mâchent. Placez la plante hors de portée des animaux ou consultez un vétérinaire en cas d’ingestion.
Combien de temps avant de voir la croissance ?
En conditions correctes (lumière, température, arrosage), vous verrez la croissance accélérer au printemps et en été, avec l’apparition régulière de nouvelles feuilles. En hiver, la croissance est plus lente ou s’arrête.
Puis-je rempoter la plante n’importe quand ?
Préférez le printemps et le début de l’été, quand la plante pousse fort. Rempotez régulièrement si la plante remplit le pot et que ses racines saturent le substrat. Un pot trop gros ralentit la croissance et augmente le risque de sur-arrosage.
Combien de fois par an faut-il fertiliser ?
Pendant la période de croissance (printemps-été), apportez un engrais équilibré selon les instructions du produit. Arrêtez en automne-hiver, quand la plante ralentit. Trop d’engrais brûle les racines.
La lumière artificielle suffit-elle ?
Oui, si la lampe est assez proche et allumée longtemps chaque jour. Les LEDs horticoles sont plus efficaces que les ampoules classiques.
Que faire si les racines sortent du pot ?
C’est un signe que la plante a besoin d’un pot plus grand. Rempotez-la dans un conteneur légèrement plus large. Utilisez un substrat pour plantes d’intérieur, bien drainant.

Rédactrice · plantes d'intérieur, jardinage urbain, aménagement vert
Emma Dupuy écrit les fiches plantes de Plantae : lumière, arrosage, rempotage et toxicité pour les animaux, plante par plante, pour les appartements peu ou très lumineux.
À lire ensuite
Monstera deliciosa : guide d’entretien en intérieur
19 octobre 2026 9 min de lecture
Calathea : la plante tropicale aux feuilles spectaculaires
19 octobre 2026 12 min de lecture
L’Alocasia, oreille d’éléphant d’intérieur
19 octobre 2026 11 min de lecture


